Discussion entre amies.
septembre 17, 2008
Dans la cuisine, avec Prune.
« En fait, tout est plus simple pour vous, les animaux. Vous ne vous prenez pas la tête comme nous les humains. Il te suffit d’avoir ta gamelle, tes maîtres auprès de toi, et une couverture moelleuse, pour être heureuse. La taille du jardin, c’est en option. »
Échange de regards.
« Alors que nous, on veut être beaux (parfois riches et célèbres), trouver l’amour de notre vie (sans être sûrs qu’il existe), on veut avoir un job passionnant, une famille, une belle maison, avoir plein d’amis intéressants (mais moins que nous). Toi tu t’en fiches d’être amoureuse, riche, ou célèbre. Ton seul but dans la vie était de procréer … D’ailleurs tu n’es même pas au courant que tu ne peux … »
Oups, faut pas lui dire. Silence gêné.
« Je trouve que l’expression “quelle vie de chien” n’est pas appropriée. Vous avez beaucoup moins de mal que nous à être heureux, d’abord parce que vous êtes moins exigeants que nous, et puis parce que vous savez vous contenter de ce que vous avez. »
Elle me lance un regard lourd de sens.
« Mais oui j’vais te la donner ta gamelle. Pff. On peut jamais discuter avec toi. »
Lettre à Prune.
juillet 16, 2008
Suite de cet article, et de celui-là.
Ma chère Prune,
Je t’écris cette lettre parce que je dois te demander des excuses. Parce que je sais que tu peux considérer ce pacte que j’ai fait avec ton ennemi de toujours comme un acte de haute trahison, et tu en as le droit : je m’en veux un peu de t’avoir trompée comme ça, en connaissance de cause et au final sans te laisser d’autre choix que celui d’accepter la situation, mais j’espère sincèrement que tu ne m’en veux pas trop … J’espère même que tu me comprends, puisque j’ai essayé de tout t’expliquer avant qu’il ne débarque à la maison, et avant de te confronter à lui. Aussi, j’aimerais vraiment que vous vous entendiez, que vous oubliiez les vieilles rancœurs … Mais malgré tout je ne t’en voudrais pas si tu ne veux ou ne peux pas renoncer à tes engagements. Sache toutefois que sa présence n’altérera jamais la relation que nous avons construite toi et moi, que ton amitié compte vraiment beaucoup à mes yeux, et que je t’aimerai toujours !
Ta Violaine.
PS : Je t’envoie une photo qui j’espère te rappellera de bons souvenirs, elle aura bientôt dix ans …
Maman … J’ai pas d’copines.
mai 28, 2008
” Maman, j’ai pas d’copines. ” Voici le refrain auquel avait le droit ma mère en venant me chercher à la sortie de l’école. Et je me souviens que ça la mettait bien dans l’embarras. Que trouver à répondre quand votre enfant vous sort une telle affirmation ? Comment peut-on y croire déjà ? Et si c’est vrai … comment ça se fait ? Elle ne s’entend avec personne ? Elle a un sale caractère ? Ou elle est trop timide ? Ma fille serait-elle déjà une marginale, à dix ans seulement ?

Non, en fait mon problème c’était surtout que j’étais beaucoup trop exigeante. Je voulais pas d’une copine, je voulais une amie. Et pas seulement une amie, une meilleure amie, pour la vie. Comme dans les dessins animés. On se quitterait plus, on se raconterait tous nos secrets, et on serait ensemble, unies contre l’adversité des autres filles pas gentilles qui se moquent de nous. Et puis on ne serait que nous deux. Pas trois, pas quatre, pas deux et demie. Non, nous deux toutes seules, on se donnerait l’exclusivité.
Sauf que bon, c’est très rare et difficile de trouver ce genre de relation. C’est déjà trop demandé à des enfants de dix ans, et même après, qui peut se vanter d’avoir trouvé sa meilleure amie pour la vie ? J’ai donc très vite abandonné ma quête de la meilleure amie, je me suis résignée, à me contenter de n’avoir que des copines, avec qui aborder des sujets superficiels, qui ne m’intéressent pas forcément, avec qui parler de la pluie et du beau temps, des cours, des grèves, de la vie au quotidien, rien de bien passionnant. Non, ça n’est pas à mes copines que je raconterai tous mes malheurs, j’en parlerai à maman (parce qu’avec elle c’est sûr, c’est pour la vie), ou je garderai tout pour moi.
Et c’est en abandonnant mes recherches que je l’ai trouvée. Non, je n’ai pas été moins exigeante, je n’ai pas fait de concessions, il s’agit bien de l’amitié que je recherche depuis toute petite. Et la meilleure amie que j’ai trouvée est en fait le meilleur ami. Mais le mieux, c’est qu’en plus, il est “deux en un”, multifonctions. Parce qu’en parallèle comme beaucoup, je cherchais aussi le prince charmant des dessins animés. Et il fait ça aussi.

