Les dédales de l’orientation.
mai 22, 2008
Dès la sixième, on stresse nos jeunes collégiens à propos de leur orientation. Un mot qui désigne les futures études qu’ils choisiront, leur avenir ! Ils doivent prendre cela très au sérieux, leur dit-on, ils doivent commencer à réfléchir, tout de suite, sans attendre, à cette grande question : “ Que vais-je faire de ma vie ?? ”
À cette question d’une importance capitale, il est difficile de répondre pour un jeune collégien. Déjà, à moins d’avoir un grand frère ou une grande soeur, il ne sait pas ce qu’est le lycée, ni ce qui se cache derrière les abbréviations S, ES, L, STT, CAP … Non, c’est pour lui le mystère le plus total, après le collège, il ne sait pas ce qui va se passer. Mais pour éclaircir un peu la situation, ses gentils professeurs principaux lui fourniront un joli tableau, très clair, simple comme tout … pour quelqu’un qui sait déjà de quoi il s’agit. Ils lui donneront aussi des petits tests, pour l’aider à définir très vaguement ses centres d’intérêts, en lui conseillant bien entendu à la fin, d’aller voir la conseillère d’orientation psychologue.
Ah ! La conseillère d’orientation. Elle est très utile … Pour les élèves en difficultés. Pour ceux qui ont de bons résultats, elle se contentera de décréter, très fière “ Tu peux faire c’que tu veux ! ”, en croyant sûrement que l’élève qui lui fait face sera heureux d’entendre cette réponse, qui ne résout en rien son problème. Parce que finalement, en fin de collège, l’échéance arrivée, on ne laissera pas trop le choix à ce petit collégien. Il est bon élève ? Lycée. Il n’a pas de bons résultats ? Il ira en CAP. C’est tellement plus simple que d’essayer de savoir ce qui lui plaît vraiment.
Et une fois devenu lycéen, les problèmes de notre ex-petit-collégien ne sont pas terminés. Puisque maintenant, il doit faire un choix entre les différentes sections qui lui sont proposées pour passer en classe de première. Et on ne badine pas avec son avenir voyons ! Sauf que comme en fin de collège, on lui dit d’aller voir sa pote la conseillère, et comme au collège, on ne lui laisse, au final, pas le choix. Il est bon élève ? Mettez le en S. Il n’a pas de bons résultats ? STT, ou STL, ou SMS … Et les autres ? Ils iront en L, s’ils sont bons à l’oral, ou en ES.
Pour ceux qui ne subiront pas ce choix forcé, et qui réussiront là où on les a mis, ils se retrouveront avec un bac sans vraiment savoir quoi en faire. Et quand on ne sait pas quoi faire, où va-t-on ? À la fac bien sûr ! Du coup, les facs sont pleines de gens qui n’ont rien à faire là, qui ne passent pas la première année soit parce que c’est trop dur (les méthodes de travail sont bien éloignées de celles du lycée, il faut savoir être autonome, un bien grand mot), soit parce qu’ils n’en ont rien à faire, que ça n’est pas ce qui les intéresse.
Au final, tous devront bien finir par entrer dans la vie active. Mais ça ne sera pas forcément pour faire ce qui leur convient le mieux, ce qui leur plaît. À qui la faute ?
