Moi et ma conscience.
avril 28, 2008
Ce sont mes parents qui m’ont appris que la nature est un équilibre fragile, qu’il faut préserver. A force de balades à la montagne, ils m’ont montré qu’il existait un air plus pur que celui de la ville, que la petite fleur que je voulais cueillir était bien plus jolie dans l’herbe avec ses copines que dans le bouquet que je voulais leur faire, que les animaux que je voyais étaient bien plus beaux à observer libres dans leur habitat naturel que dans un zoo. Ils m’ont aussi fait prendre conscience du fait qu’année après année, il faille monter plus haut dans la montagne pour aller toucher la neige, et qu’à chaque fois, il y en avait moins que la précédente.
C’est ainsi que s’est forgée ce que j’appellerais ma “conscience écologique“. Comme toute conscience, elle est constamment en conflit avec ma personnalité, mes habitudes, moi. Et je n’ai pas la conscience tranquille.
Aussi curieux que cela puisse paraître et malgré le fait que (presque) tout le monde soit tombé d’accord sur la nécessité d’agir pour préserver notre planète, il y a encore des endroits en France où l’on ne trie pas ses déchets, où il n’y a qu’une poubelle par foyer. Mais il y a pire, comme dans mon immeuble, où il n’y a pas de poubelle du tout. Les gens déposent leurs sacs devant la porte, c’est pas joli et en plus ça pue. Dans ce cas précis ma conscience intervient et m’empêche de faire pareil, je ne peux tout simplement pas poser mon sac à côté de la porte, en me disant que de toutes façons c’est pas de ma faute. Non, je vais le mettre dans la poubelle de quelqu’un d’autre, quitte à chercher une poubelle un jour où les éboueurs ne passent pas, pendant un quart d’heure. Qu’est-ce qui empêche les personnes qui sont dans le même cas que moi, de faire la même chose ? Ils ne l’ont pas, eux, cette conscience écolo, celle qui me fait culpabiliser comme une dingue parce que je ne suis pas à la lettre le guide de l’écolo modèle soucieuse de l’avenir de sa planète.

Je suis bien loin d’être un modèle en matière de tri des déchets, par exemple. Et ma conscience est là pour me le rappeler, et me mettre des bâtons dans les roues : si j’ai la flemme d’aller jusqu’au conteneur qui se situe quatre rues plus loin pour y jeter mes déchets en verre et en carton, je suis également incapable de les jeter dans ma poubelle réservée aux déchets ménagers. Du coup, ça s’entasse, ça s’entasse. Jusqu’à ce que je prenne mon courage à deux mains, un grand sac, et aille vider tout ça dans les conteneurs situés à côté de l’immeuble de mon Jules.
Mais ma conscience écolo n’est pas en conflit qu’avec ma personnalité, elle l’est aussi avec mon porte-monnaie. J’ai toujours un pincement au coeur au moment de passer en caisse avec un produit qui pollue, avec des légumes qui ont poussé grâce à de l’engrais chimique, avec un poulet élevé avec quarante autres emplumés dans 1m² … De temps en temps j’achète des produits ménagers respectueux de l’environnement, de la nourriture bio. Mais je ne peux pas le faire à chaque fois, et au bout du compte, ma conscience et mon porte-monnaie m’en veulent tous les deux !
Je vous décris là un conflit d’une rare violence, qui ne prendra sans doute jamais fin. Parce qu’il n’y a rien à faire, je ne serai jamais un modèle écolo, je suis trop fainéante pour ça, et j’aime mon petit confort. Mais je n’ai pas envie non plus d’être classée parmi les pollueuses, j’aime aussi ma planète et je veux la protéger.

avril 28, 2008 at 2:02
Alors le tableau, pour ceux qui se poseraient la question, c’est Impression soleil levant de Monet. Je l’ai choisi pour illustrer cet article parce que Monet était un peintre impressionniste, et que les impressionnistes avaient un rapport très particulier avec la nature (qu’ils peignaient en représentant leurs impressions). C’est tiré par les cheveux, je sais !